Et maintenant un focus qui concerne le produit De l’atome au noyau une approche historique de la physique atomique et de la physique nucléaire que diffuse la boutique FNAC.
Sciences humaines Il était temps de retracer l’histoire de la physique nucléaire. Bernard Fernandez vous prend par la main pour vous guider à travers les méandres d’une science compliquée mais passionnante. Utilisant la langue française ordinaire, sans jargon scientifique ni formules mathématiques, il s’adresse à la fois aux lecteurs spécialisés, à qui il offre une perspective historique de leur science, et à l’honnête homme, qui désire s’informer sans posséder de connaissances scientifiques particulières. Dans ce récit toujours vivant se mêlent personnages connus et moins connus, théories élaborées dans l’enthousiasme et parfois démolies ensuite, protocoles d’expériences et descriptions minutieuses d’instruments. Une idée-force du livre est en effet que jamais la théorie ne doit s’affranchir de la réalité expérimentale. Quelques bombes éclatent. Des bombes intellectuelles, excitantes pour l’esprit, mais aussi des bombes matérielles, destructrices et terrifiantes. Sous les yeux du lecteur s’élabore le paysage tourmenté d’une science qui a su attirer à elle des serviteurs passionnés et désintéressés, qui fut choyée par des hommes politiques tout à fait intéressés, qui a offert aux savants, devenus ensuite plus modestement des chercheurs, l’occasion d’éclaircir quelques-uns des mystères de la nature. Devenir adulte, c’est renoncer à certaines illusions. Adulte, la physique nucléaire a dû perdre l’illusion de pouvoir énoncer en une théorie simple et élégante la structure de la matière nucléaire, et accepter la définitive complexité de la réalité matérielle. Pour écrire ce livre l’auteur a dépouillé des centaines d’articles, lus dans leur langue originale. Ce retour aux sources, qui n’a jamais été fait auparavant, donne au livre un cachet d’authenticité qui le fera apprécier de ceux qui refusent les images d’Épinal et les idées reçues.Extrait du livre:Où l’on voit comment Henri Becquerel, en cherchant des rayons X, découvre l’activité radiante de l’uranium. Où l’on voit le monde scientifique se désintéresser d’un phénomène incompréhensible, faible, sans portée pratique.Le 1er mars 1896, un dimanche, Henri Becquerel travaille dans son la¬boratoire du Muséum d’Histoire Naturelle. Il attend le soleil depuis plusieurs jours, en vain. Il aurait bien besoin de l’intensité de la lumière solaire pour confirmer les expériences très intéressantes faites une semaine auparavant, et communiquées à l’Académie des Sciences le 24 février. Mais en cette fin d’hiver le ciel de Paris reste obstinément couvert.Becquerel est un physicien distingué, héritier d’une grande lignée scien¬tifique. Son grand-père Antoine César, né le 7 mars 1788 à Châtillon-sur-Loing (aujourd’hui Châtillon-Coligny), était entré à l’Ecole Polytechnique en 1806 et avait fait une brillante carrière d’officier des armées napoléo¬niennes. En 1815, après la chute définitive de Napoléon, il avait quitté l’ar¬mée pour entreprendre une grande carrière scientifique. Ses travaux por¬tèrent sur l’électricité, l’optique, la phosphorescence, l’électrochimie. Il fa¬briqua en 1829 la première pile à courant constant. Il devint membre de l’Académie des Sciences en 1828, reçut en 1837 la prestigieuse médaille Copley de la Société Royale de Londres, et fut à compter de 1838 le premier titulaire de la chaire de physique du Muséum d’Histoire Naturelle. Il devait mourir le 18 juin 1878 (Henri Becquerel avait vingt-six ans). (…)La série d’expériences que Becquerel avait entamées en février 1896 trou¬vaient leur origine dans la découverte des rayons «X», faite quelques mois auparavant par Wilhelm Conrad Rôntgen3, alors qu’il étudiait les «rayons cathodiques» produits par des décharges électriques dans des gaz04. Un conducteur chargé d’électricité et placé dans une enceinte contenant un gaz à faible pression se décharge en effet si la tension entre la borne positive et la borne négative dépasse un millier de volts. Cette décharge se fait par l’intermédiaire de rayons cathodiques issus de la borne négative, la cathode (les rayons cathodiques, nous le savons maintenant, sont des électrons ar¬rachés à la cathode). Röntgen avait découvert que ces rayons cathodiques, lorsqu’ils frappaient la paroi de verre, donnaient naissance à un rayonne¬ment inconnu, qu’il avait appelé «rayons X». La découverte avait fait grand bruit, et le monde des physiciens était en effervescence.
Bernard FernandezSciences et culture scientifique
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