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Sciences humaines Les difficultés rencontrées par les personnes handicapées pour accomplir les «actes d’insertion» élémentaires d’une vie ordinaire, qu’il s’agisse de l’accès à l’école ou à l’Université, du déplacement dans la ville, du droit à l’emploi,à la santé… sont considérables.À moins de prêter à chaque personne handicapée l’étoffe d’un héros, doté d’une volonté et d’un courage exceptionnels, c’est à la société qu’il revient de réduire les obstacles, de déplacer, d’«externaliser» les difficultés, et de créer les conditions d’une vie ordinaire, celles que tout un chacun considère à juste titre comme allant de soi.Ce volume présente quelques aspects des réformes à entreprendre, ou déjà mises en oeuvre, pour aller dans ce sens. Loin de s’en tenir au caractère matériel des aménagements nécessaires, il souligne la difficulté de transformer le regard que nous portons sur l’autre et qui nous amène trop souvent à rester en deçà de l’élémentaire ou du simple bon sens. Coordination : Xavier COYER (DGAS), Anne RAMARÉ (SICOM/BCI) et la collaboration de François DELALANDE, Pascale COURCELLE et Noëlle DEQUIVRE (SICOM).Extrait du livre :Le handicap, une notion aux multiples facettesIsabelle Ville, Jean-François Ravaud, Alain LetourmyEvaluer le nombre de personnes en France concernées par un handicap suppose au préalable de préciser la notion même de handicap. Il est admis aujourd’hui qu’elle comporte plusieurs dimensions qu’il convient de distinguer, puisque, à chacune d’elles, correspondent des réponses différentes susceptibles d’être apportées par des acteurs différents.Un premier niveau est celui des déficiences, de la lésion, et concerne essentiellement la sphère médicale, la réponse pouvant consister par exemple en un traitement adapté ou une opération.Un deuxième niveau renvoie au retentissement des déficiences sur Les capacités fonctionnelles de la personne. Il peut s’agir d’une gêne à réaliser certains mouvements, de la difficulté à voir de Loin ou encore à s’orienter dans l’espace. La rééducation peut permettre d’améliorer les capacités ou de prévenir les limitations fonctionnelles. Le fonctionnement peut également être facilité par des aides techniques adaptées (une prothèse auditive, des aménagements du logement ou du poste de travail). Les acteurs susceptibles d’intervenir à ce niveau appartiennent donc à des domaines variés (médecins, ingénieurs et techniciens…).Un troisième niveau, enfin, englobe les conséquences des déficiences et des difficultés fonctionnelles sur le champ des activités sociales. Ces conséquences, potentiellement nombreuses et variées, peuvent toucher les sphères de la famille, des études et du travail, des loisirs et, plus généralement, l’ensemble des relations sociales. Elles dépendent à la fois de la situation de la personne (perdre un doigt n’a pas le même retentissement pour un pianiste que pour un enseignant) et des caractéristiques de l’environnement physique et social. Les acteurs et les domaines d’intervention de ce niveau sont innombrables. Ils concernent notamment l’accessibilité des lieux publics, des transports, les politiques sociales (allocations, emploi, discriminations…), et plus largement encore les représentations culturelles souvent peu tolérantes face aux différences.
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